L'actu du Nîmes Olympique

le 05 juillet 2013

Uzès : Haribo recrute et affiche une santé insolente

Présent dans la caravane du Tour de France, le fabricant de confiserie installé à Uzès, distribuera durant la course plus de 1,5 million de sachets de friandises au public massé sur le bord des routes.

Il y a dans la caravane du Tour de France des véhicules chouchous, car très généreux, ceux des bonbons Haribo. Forte de 25 jeunes placés sous la responsabilité de Stéphane Porta, chef d’atelier à Uzès, cette équipe distribue chaque jour à la volée 2,5 tonnes de bonbons. Soit 1,5 million de sachets de friandises en trois semaines, ce qui fait dire à Jean-Philippe André, président du directoire Haribo France, qu’un spectateur sur dix va goûter – et faire goûter autour de lui – des Haribo. 

410 salariés à Uzès

La filiale française du géant allemand – lequel possède 15 usines et produit 350 000 t de friandises par an -, a réalisé l’an dernier 200 M€ de chiffre d’affaires et a fabriqué 50 000 tonnes de bonbons. La moitié à Marseille, la moitié à Uzès, où elle emploie 330 salariés en CDI et 80 intérimaires, soit 410 personnes, ce qui est énorme pour la cité ducale. Cité ducale qui est pour l’instant la seule du monde à produire le Dragibus, un des best-sellers du confiseur.


Fait exceptionnel dans l’agroalimentaire, Haribo France, comme Haribo monde affiche une très forte croissance : le volume d’activités a augmenté de 45% depuis 2006, les parts de marché augmentent ainsi que les résultats, sauf l’an dernier à cause d’une envolée du prix des matières premières. Cette performance, explique Jean-Philippe André, qui parle de « chance », récompense une politique basée sur la qualité gustative des produits, l’innovation, des marques fortes, une stratégie de prix. « 1,10 € le sachet de Tagada en hypermarché c’est démocratique, tout le monde peut en acheter. Et il y a le bonbon à 5 cts dans toutes les boulangeries », ajoute le président.

Un plan de départ à la retraite d’ici 2014

Elle repose également sur une forte communication (10 % du chiffre d’affaires) : pubs TV, cinéma, événements, réseaux sociaux. « On a 1,6 million de followers sur Facebook pour Dragibus », déclare Jean-Philippe André.
Depuis l’arrivée d’un Dragibus bleu, dont le goût indéfinissable nourrit des débats sans fin sur internet, les ventes des Dragibus ont tant progressé qu’Uzès n’arrive plus à suivre la demande. Résultat : un accord vient d’être signé avec les syndicats, qui se traduit par le recrutement (en cours) de 46 personnes en CDD pour dix-huit mois. Elles travailleront uniquement le samedi et le dimanche, seuls créneaux disponibles d’une usine qui tourne quasiment 24 h sur 24, mais pas le week-end.
Parallèlement, l’usine va embaucher 23 salariés en CDI d’ici décembre 2014, en lien avec un plan de départ à la retraite qui aura pour effet, dit Jean-Philippe André, de réduire d’autant le nombre des intérimaires.

Relations sociales rugueuses 

Malgré la réussite, les relations sociales sont plutôt rugueuses à Uzès, les négociations salariales annuelles donnant souvent lieu à des jours de grève. « Cela étonne beaucoup nos actionnaires car je crois qu’il n’y a pas eu une heure de grève en Allemagne chez Haribo depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais nous ne prétendons pas faire que des choses parfaites, on essaie de s’améliorer année après année », explique Jean-Philippe André, président du directoire Haribo France.

Cet ancien DRH et directeur commercial chez Danone refuse d’évoquer le cas du salarié protégé licencié que l’inspection du travail l’a récemment obligé à réintégrer. Il refuse aussi de parler des trois ouvriers qui ont enchaîné plus de 600 CDD (!) à eux trois et qui lui intentent un procès aux Prud’hommes car il refuse de les passer en CDI.

Uzès usine la plus productive de la planète Haribo

Il explique en revanche que le groupe investit plus de 5 M€ par an dans l’usine d’Uzès et qu’elle a besoin d’intérimaires pour absorber les indispensables gains de productivité d’au moins 5 % par an (soit l’équivalent de 20 à 30 emplois) qu’elle réalise, que les 330 CDI constituent « le cœur de nos responsabilités », selon Jean-Philippe André, et que l’usine d’Uzès est une des plus productives de la planète Haribo. « Ce qui ne veut pas dire compétitive », ajoute le président. Durée du travail, charges patronales, fiscalité et niveau des salaires servant aussi à évaluer la compétitivité d’un site… Même si, selon Jean-Philippe André,  Haribo a bonne réputation à Uzès ».


source : www.midilibre.fr
crédits photos : www.midilibre.fr


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