L'actu de Montpellier

le 04 décembre 2013

Montpellier, le grand pardon à La Mosson

Leur coach, Jean Fernandez, mis sur la sellette par Nicollin, les joueurs se disent prêts à 200 % pour dissiper le malaise.

Les flingues sont encore fumants. Du moins celui de Louis Nicollin. Mais le calme et une forme d’union sacrée semblent revenus sur la plaine de Grammont. Après avoir tiré samedi dans le dos de son coach, sans intention de l’abattre, le boss s’est expliqué avec lui, lundi, autour d’une bonne table et de bons mots comme on sait si bien les mitonner à Montpellier. C’est pagnolesque, excessif à souhait et une méthode certainement éculée de la carotte et du bâton. Avec les méchants médias dans le rôle des porteurs de bâtons pour préparer le terrain et l’opinion, au cas où…

Crucial, décisif, sulfureux, à haut risque ? 

Entre Loulou “la mitraille” et Jeannot le tacticien, subsiste donc une paix des braves qui n’aurait, en fait, jamais été rompue. « Il m’a exposé ses reproches, je lui ai donné des explications. J’accepte les critiques, surtout venant de mon président car elles ont souvent un fond de vérité. Je suis dans la réflexion, un pro. J’écoute pour avancer », assure Jean Fernandez à quelques heures de ce Montpellier – Lorient qu’on ne sait plus trop comment qualifier ? Crucial, décisif, sulfureux, à haut risque ? Déterminant à coup sûr, pour une équipe de Montpellier qui avance au rythme d’un relégable (15 points en 15 matches). Ses cinq points d’avance sur le trio de queue ne lui font sans doute pas sentir la morsure du feu. C’est pour ça, évidemment, que Loulou a allumé le lance-flammes après la cuisante défaite à Marseille, vendredi (2-0).

Du déjà vu

On avait perdu l’habitude de ces matchs au parfum capiteux de la peur, où le couperet balance au-dessus de la tête de l’entraîneur. Dieu sait, pourtant, si le club en a connus : un Montpellier – Nice fatal à Gérard Gili (1994) ; plus près de nous, en Ligue 2, un Montpellier – Châteauroux (2 007) qui scella la fin de l’ère de Domergue et l’arrivée du pompier Rolland Courbis, au bord du précipice du National. Même le “coach” vacilla, deux ans plus tard, au soir d’une défaite à domicile contre Lens (0-1) qui semblait enterrer les espoirs de montée en L1. Oui, on avait oublié ces retours de flamme de l’histoire au cours de quatre années Girard où le club a beaucoup plus gagné que perdu. Et qui se sont achevées par des fâcheries de riches autour d’une hypothétique prolongation.

Jean Fernandez reste serein

Jean Fernandez risque-t-il vraiment d’allonger la liste – assez longue – des coaches sacrifiés à La Paillade sur l’autel des résultats si Lorient confirme mercredi soir ses deux derniers cartons en Ligue 1 ? Louis Nicollin a assuré que non. Le coach sait qu’il travaille désormais sans filet et avec pour seul matelas en cas de chute, celui de cinq points sur le premier relégable. « Quand il n’y a pas de points, l’entraîneur est forcément menacé, a répondu mardi l’intéressé. Je ne suis pas dans la situation de penser que je serai remercié en cas de défaite. J’ai une grande confiance et un grand respect dans le président. » Quel visage affichera Montpellier mercredi soir ? Sur le plan tactique, l’intervention présidentielle va sans doute le tourner davantage vers l’offensive. Encore que le choix des hommes reste terriblement limité par les forfaits de Camara et Bakar. La grave blessure de ce dernier ramènera très vite sur le tapis la nécessité absolue de recruter au moins un attaquant au mercato.

Une révolution en marche ?

Mais c’est bien sur le terrain de l’état d’esprit et de l’engagement que Montpellier entend gagner mercredi soir. Homme fort du milieu et taulier du vestiaire, Benjamin Stambouli est venu planter le décor d’une révolution positive décrétée dans le vestiaire. Il a évoqué un message « qui est bien passé pour une remise en question de tous, y compris ceux qui jouent peu » et fait appel « aux vertus guerrières et pailladines si bien incarnées par Pascal Baills ». C’est comme ça à Montpellier. À chaque fois qu’on pique une crise, on se raccroche aux valeurs originelles, au passé riche et musclé. Et souvent, ça marche. Mercredi soir, ça fera mouche si les joueurs, eux, tirent à balles réelles.



source : www.midilibre.fr
crédits photos : www.midilibre.fr


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